Le flexitarisme est une nouvelle tendance alimentaire que vous suivez peut-être déjà sans vous en rendre compte. Il s’agit de diminuer sa consommation de viande au profit de protéines alternatives et végétales. Le flexitarisme vient peut-être d’une prise de position face aux récents scandales alimentaires (les plats préparés de Findus à la viande de cheval, la grippe aviaire, les conditions sanitaires des abattoirs), et d’une prise de conscience de l’impact de l’alimentation sur la santé. Plus sain et plus économique, on a tous à gagner à être flexivore !

Une nouvelle recette nutrition-santé ?

Le flexitarisme est en quelque sorte un régime semi-végétarien. La viande (de bonne qualité avec un label) y a toujours sa place mais avec une grande modération. Les flexitariens rechercheront davantage leurs protéines animales alternatives dans les œufs fermiers, le poisson sauvage, les crustacés, les produits laitiers, complétées par des protéines végétales apportées par les légumes secs comme le soja, les oléagineux et les céréales complètes.

L’objectif est de retrouver une alimentation plus saine, plus riche en fibres, sans renoncer à prendre du plaisir pour ces végétariens à temps partiel.

Mais pourquoi faudrait-il manger moins de viande ? Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) mettait récemment en garde contre la consommation régulière de viande rouge : 50 grammes de viande par jour augmenterait le risque de cancer colorectal de 18 %, avait conclu le CIRC, se basant sur 800 études. Par ailleurs, on sait qu’une consommation de viande importante est associée à des apports en lipides saturés (ceux qui ont un impact négatif sur le système cardio-vasculaire) et une possible prise de poids. Mais les considérations santé sont loin d’être les seules pour les flexitariens …

Le flexitarisme, un art de vivre

Le flexitarisme résulte également d’une prise de conscience collective qui regroupe des préoccupations écologiques, une démarche de santé, le respect des animaux et des considérations économiques.

D’un point de vue écologique, la consommation de viande à outrance (1 portion par repas) est un non-sens. La production de viande est gourmande en eau (il faut 20 000 litres d'eau pour produire un kilo de viande de bœuf, contre 150 litres pour autant de pommes de terre), en céréales et contribue de façon notoire à l’effet de serre… Cela est sans compter les forêts détruites pour la culture et le fait que cette production carnée n’est consommée que par une petite partie de la population mondiale…

Sportif et flexitarien, c’est possible ?

Les athlètes ont besoin d’apports en protéines suffisants pour assurer la reconstruction et la croissance musculaire essentielles à leur performance. On peut donc se demander si le régime flexitarien est compatible avec une pratique sportive.

Qu’on se rassure, la consommation de protéines en France est bien supérieure à nos besoins nutritionnels, peut-être trop d’ailleurs. En effet, un excès de protéines animales peut entrainer un risque d’acidification de l’organisme (par l’urée et l’acide urique) et de fatigue rénale. Les recommandations d’apports protéiques sont de 0.83g/kg/j. pour un sédentaire et de 1,1 à 2g/kg/j. pour les sportifs, mais de ne pas dépasser 2.5g/kg/j.

Ainsi les sportifs peuvent tout à fait s’intéresser au flexitarisme qui permet de garder des apports protéiques suffisants dans le cadre d’une alimentation saine et équilibrée. Le flexitarisme redonne une belle place aux végétaux alcalinisants ainsi qu’aux légumes secs qui sont des féculents riches en protéines végétales.